La promenade du soir.

Jeunes Beautés qui fuyez l'esclavage
Vous pouvez écouter des propos séducteurs:
Mais d'un Bouquet n'acceptez point l'hommage
Souvent l'Amour s'est caché dans les fleurs.



INGOUF   François Robert (Le Jeune)
(1746-1800)

Il y eut deux frères Ingouf, tous deux graveurs. L'aîné, Pierre Charles (1746-1800), élève de Flipart, a beaucoup travaillé d'après Greuze, comme son maître, mais d'une façon généralement médiocre, même quand il n'a eu qu'à terminer des planches préparées par de meilleurs que lui (la Paix du ménage, eau-forte de Moreau le jeune; les Serveuses, eau-forte de Tilliard, etc.); il a aussi gravé Freudeberg, Wille, et divers autres.
Ingouf le jeune, prénommé François Robert, né à Paris en 1747 et mort le 17 juin 1812, est aussi élève de Flipart, à qui il fait plus d'honneur que son frère. Il est surtout connu par plusieurs pièces d'après Freudeberg, en particulier pour la première suite du Monument du costume: là Soirée d'hiver, la Promenade du soir, l'Événement au bal (sur une eau- forte de Duclos). On a aussi de lui des portraits et surtout des vignettes très appréciées, car son talent s'accommodait particulièrement de la gravure en petit.


Monument du costume : la Promenade du matin;  la Promenade du soir.
Gravé d'après S. Freudeberg, par Ch.-L. Lingée et par F.-R. Ingouf Le Jeune.
Dimensions respectives: H. 0,350 x L. 0,250 (y compris l'encadrement).

Le recueil dont voici quelques morceaux choisis est, tout au moins pour deux des trois parties qui le composent, l'une des plus belles et des plus importantes productions de la gravure de mœurs au XVlIIe siècle, l'une de celles qui non seulement représentent le mieux les mœurs, les costumes et le décor de la vie à la fin du troisième quart du siècle, mais encore résument le plus exactement l'état de l’estampe à cette époque.
Il se compose de trois suites.
La première à pour titre: Suite d'estampes pour servir à l'histoire des meurs et du costume des Français dans le dix-huitième siècle. Année 1775 (Paris, impr. de Prault, 1775). Un discours préliminaire, paraphrasé dans une assez longue notice du Mercure de janvier 1775, précise l'objet et les conditions de la publication. Les sujets « sont pris dans la société de ceux
Qu'on appelle à Paris gens du bon ton, et représentent les modes de 1773-1774; chaque pièce a, au-dessous du titre gravé, des vers caractérisant le sujet. Ces pièces sont: le Lever, le Bain, la Toilette, la Visite inattendue, l'Occupation, la Promenade du matin, le Boudoir, les Confidences, la Promenade du soir, la Soirée d'hiver, le Bal et le Coucher. Les originaux sont des dessins lavés de bistre par freudeberg, gravés par Ingouf le jeune, Voyez l'aîné, Bosse, Lingée, Romanet et Maleuvre. Le prix est de 2 livres 8 sols pour chaque estampe, en vente chez Buldet, rue de Gesvres. L'amateur qui a présidé au choix et à la composition des sujets a l'intention de continuer ce recueil, si la première partie reçoit un accueil favorable; la souscription au deuxième cahier de 12 planches, à paraître en 1776, est ouverte chez M. Eberts, banquier, place des Victoires. Au bas de chaque planche de cette première suite, on peut lire, près du nom du dessinateur, l'inscription : I. H. E. invenit; ces initiales désignent Jean- Henri Eberts, qui est précisément « l'amateur » indiqué plus haut. Le nom de ce banquier suisse, établi pour un temps à Paris, figure également au privilège qui accompagne la deuxième suite. Cette Seconde suite d'estampes pour servir à l'histoire des modes etc. Année 1776, parut en 1777 (Paris, impr. de Prault). Elle est consacrée aux modes de 1775-1776 et mise en vente au prix de 48 livres. pour ceux qui n'ont pas souscrit. Le discours préliminaire rappelle que la première partie « a offert la vie d'une jeune femme livrée aux amusements de la société jusqu’à l'époque de la maternité », et que la deuxième « présente une femme du bon ton, depuis ce moment jusqu'à sa première sortie, et les occupations comme les dissipations à la mode qui accompagnent et suivent ces circonstances ». Elle comprend encore douze pièces, numérotées de 13 à 24, accompagnées chacune d'une page de notice descriptive due vraisemblablement à Eberts lui-même, et qui sont : Déclaration de la grossesse, les Précautions,  J'en accepte l' heureux présage » , « N'ayez pas peur, ma bonne amie », « C'est un fils, Monsieur! », les Petits Parrains, les Délices de la maternité, l'Accord parfait, le Rendez-vous pour Marly, les Adieux, la Rencontre au bois de Boulogne, la Dame du palais de la reine. Les graveurs sont respectivement P.-A. Martini, Ph. Trière, Helman, C. Baquoy, et Patas, H. Guttemberg, R. de Launay, H. Guttemberg, P.-A. Martini. Mais une innovation capitale a changé complètement la physionomie du recueil: alors que la première partie ne comprenait que des pièces gravées d'après Freudeberg, la deuxième ne se compose que de pièces reproduisant des dessins de Moreau le jeune. Freudeberg était reparti pour la Suisse en 1773 et l'éditeur de la publication l'avait remplacé par l'artiste le mieux fait pour porter l'ouvrage à son point de perfection.

La troisième suite avait été annoncée dans le discours préliminaire de la deuxième: « Le plan de la troisième suite est conçu et son exécution commencée. On y traitera la vie du cavalier à la mode, autrement dit du petit maître ». Cette dernière partie fut longue à voir le jour; elle ne parut qu'en 1783 (le Souper fin porte la date de 1781). Les estampes, cette fois encore d'après des dessins de Moreau le jeune, sont intitulées: le Lever, la Petite toilette, la Grande toilette, la Course de chevaux, le Pari gagné, la Partie de whisch, Oui ou non, le Seigneur chez son fermier, la Petite loge, la Sortie de l'Opéra, le Souper fin, le Vrai bonheur. Elles sont dues à Halbou, P.-A. Martini, A.-L. Romanet, H. Guttemberg, Camligue, Dambrun, Thomas, Delignon, B. Patas, Malbeste, Helman, B. Simonet. Les planches de cette troisième suite n'ont pas de notices explicatives.
Retourné dans son pays natal, en emportant ses planches, Eberts donna une réédition des trois suites réunies qui parut en 1789, avec l'adresse: A Neuwied-sur-le-Rhin, à la Société typographique, et le titre suivant: Monument du costume physique et moral de la fin du dix-huitième siècle, ou Tableaux de la vie ornés de figures dessinées et gravées par M. Moreau le jeune, dessinateur de S. M. T. C., et par d'autres célèbres artistes. C'est par le titre abrégé de cette édition, Monul1tent du costume, qu'on a pris l'habitude de désigner l'ouvrage. Dans l'édition de 1789, les trois cahiers n'ont plus, comme à l'origine, cette unité de sujet qui faisait de chacun d'eux un petit ensemble ; les notices accompagnant les planches, au lieu d'être des descriptions explicatives, sont des textes « romancés » dans lesquels Restif de La Bretonne, qui en est l'auteur, a considéré chaque sujet isolément et en a fait le thème d'une petite histoire.
On ne peut entrer ici dans le détail des « réductions » de ces gravures, publiées d'abord à. Paris en 1787 et ensuite à. Neuwied, avec un texte de Restif de La Bretonne, lequel texte, raccourci, devint celui de la grande édition de 1789, décrite plus haut. On ne peut pas davantage étudier les nombreuses contre- façons, témoignages évidents du succès de ces estampes.
Ce qu'il faut dire et répéter, c'est que, sur la donnée ingénieuse, proposée par Eberts, les deux auteurs des dessins originaux ont montré les qualités les plus parfaitement adéquates au sujet: Freudeberg, toujours un peu gauche, un peu étriqué, aussi bien dans sa façon de suivre le plan choisi que dans celle de composer (il n'est pas jusqu'au cadre trop lourd, aux inscriptions trop larges qui ne diminuent encore l'espace disponible et resserrent à. l'excès les scènes représentées) ; Moreau le jeune, au contraire, avec une liberté d'invention, une hardiesse et une élégance d'arrangement qui sont d'un maître. Dans toutes ses pages aérées et lumineuses, les personnages se meuvent à. l'aise comme dans la vie. Enfin, il a vraisemblablement choisi ses graveurs (à. une exception près, ils sont tous différents de ceux qui avaient reproduit les dessins de Freudeberg) ; en tout cas, il a certainement dû les surveiller et peut-être même les diriger: on s'en aperçoit à. l'impeccable façon dont il a été traduit.

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