FLIPART  Jean Jacques
(1719-1782)

Né à Paris le 15 février 1719, où son père, originaire d'Abbeville était graveur, il fut mis en apprentissage chez Cars; il passa aussi par l'atelier d'Aveline. Opiniâtre au travail, il fut très long à se former, et c'est seulement en 1747 que le frontispice, gravé d'après M. A. Slodtz, pour la Description des fêtes données par la Ville de Paris il l'occasion du deuxième mariage du Dauphin, fils de Louis XV, attira sur lui l'attention. Vers le même temps, une Sainte Famille d'après J. Romain, puis un Adam et Ève d'après Natoire, achevèrent de le faire connaître. Agréé à l'Académie, le 28 juin 1755, il ne devint pas académicien.
Ce qui à le plus contribué à son renom, ce sont les gravures qu'il exécuta d'après Greuze. En dépit des critiques de Diderot, fort vives et parfois justifiées, en dépit du petit pamphlet attribué au graveur Gaucher et intitulé Lettres d'un voyageur a Paris a son ami Sir Charles Lowers (I779), où plusieurs de ses estampes d'après Greuze sont analysées sans indulgence, Flipart a bénéficié de l'engouement que le public montra pour les productions de l'auteur de l' Accordée de village; il faut reconnaître, du reste, que, si les critiques de Diderot et de Gaucher sont fondées, elles peuvent s'appliquer aussi bien au peintre qu'au graveur, car celui-ci s'est attaché à reproduire les peintures de Greuze avec autant d'exactitude dans le sentiment que dans l'effet: Jeune fille pleurant son oiseau mort, le Gâteau des rois, le Paralytique servi par ses enfants, ont toutes les qualités et tous les défauts des oeuvres originales. Flipart a aussi très intelligemment traduit Boucher, Chardin (le Dessinateur), C. Vanloo, J. Vernet, Cochin le fils; on lui doit également quelques vignettes et des portraits.
Dans le Dictionnaire des arts de Watelet, Lévesque a bien défini ce qui caractérise les deux techniques dont cet artiste a fait successivement usage: après avoir longtemps gravé, dit-il, «d'une manière large, moelleuse, empâtée», Flipart, considérant que la gravure était «une sorte de peinture monochrome», en vint à cacher complètement les hachures, grâce à l'emploi d'une préparation à l'eau-forte extrêmement poussée, sur laquelle il revenait à plusieurs reprises, tant au burin qu'à l'eau-forte, et qu'il parachevait ensuite à la pointe sèche, le tout sans s'astreindre à aucune régularité dans les tailles.
Flipart mourut le 10 juillet 1782, laissant la réputation d'un fort brave homme, modeste et désintéressé, autant que d'un probe et consciencieux artiste.


Tempête.
Tempête.
Peint par J. Vernet en 1764.  Gravé par J. J. Flipart... 1771.
H. 0,435 x L. 0,599.

La planche porte les armes du possesseur du tableau, le contrôleur général de la Marine Godefroy.
Flipart a gravé deux Tempêtes d'après Vernet : Une Tempête de jour et une Tempête de nuit. Celle-ci n'eut pas le don de plaire à Diderot qui, dans son Salon de 1771, la compare à la Tempête gravée par Baléchou et conclut par cette exclamation: « Ah! Baléchou, ubi, ubi es ? » Les collègues de Flipart se montèrent plus justes, peut-être parce que plus compétents. En 1782, le graveur Gaucher écrivait:
« Il mit le comble à sa gloire en gravant une superbe Tempête d'après Vernet ».


Le Dessinateur.

Gravé par Jean-Jacques Flipart.
H. 0,267 x L. 0.190 (sans le cadre).
E. Bocher, Chardin, n° 14; J. Guiffrey, n° 196.

Cette pièce a pour pendant la Dévideuse, dite aussi l'Ouvrière en tapisserie, gravée par le même Flipart.
Datée de 1757, l'estampe figura au Salon de la même année. Elle fut annoncée au Mercure de décembre 1757 comme mise en vente avec son pendant, chez Cars le père, à qui appartenaient les tableaux.
C'est intentionnellement que l'on a rapproché ce Dessinateur de Flipart d'une autre gravure, représentant un sujet analogue et due à Le Bas. Il est curieux de voir côte à côte les reproductions de deux sujets analogues du même peintre, dues à deux interprètes aussi différents.


 L'Accordée de village.
Gravé par Jean-Jacques Flipart.
H. 0.550 x L. 0,640.
J. Martin et Ch. Masson, n° 114.

La peinture de l'Accordée de village, aujourd'hui au Louvre, fut exposée au Salon de 176I ; elle obtint un succès considérable et dont tous les gazetiers de l'époque nous sont garants. Diderot lui consacre une très longue et enthousiaste notice, dans laquelle tous les personnages du tableau, et toutes leurs expressions, et toutes les intentions du peintre sont minutieusement analysés: pour lui, Greuze n'a encore rien fait de mieux, et il résume son jugement en ces mots, qu'il devait reprendre et commenter par a suite, à toutes ses rencontres avec son peintre de pré- dilection: « Sa composition est pleine d'esprit et de délicatesse; le choix de ses sujets marque de la sensibilité et des bonnes mœurs ».
La gravure fut assez longue à voir le jour. Elle est annoncée au Mercure d'avril 1770 pour paraître le 18 de ce mois, au prix de I6 livres, et exposée seulement au Salon de 1771. Dédiée à M. de Marigny, qui devait se rendre acquéreur du tableau à la vente Randon de Boisset (1777), et due à Flipart, un des graveurs attitrés de Greuze et l'un de ses associés pour l'exploitation de ses estampes, elle «annonce un artiste qui sait surmonter les difficultés. Son burin a de la couleur et de l'effet ».
Trois pages suffisent à peine au rédacteur du Mercure pour donner une description de l'estampe; il est vrai que ce rédacteur, s'il n'est pas Greuze en personne, est visiblement inspiré par lui; il nous présente, en effet, et ce détail est peu connu, l'Accordée de village comme faisant partie d'une suite des Quatre âges de la vie que le peintre se propose de mettre en action et de représenter sous l'aspect de petits drames familiaux, tels qu'il les comprenait : « La Mère bien-aimée, caressée par ses enfants, nous offrira l'image de l'enfance ou du premier âge. Le second âge est désigné par l'Accordée de village, ou le père de famille qui marie une de ses filles... Le troisième âge, qui a été publié il y a environ trois ans, nous représente les infirmités de la vie ou le Paralytique servi par ses enfants. La scène pathétique de la mort du père de famille regretté par ses enfants formera le quatrième et dernier âge ».

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