DREVET  Pierre
(1663-1738)

Né à Loire (Lyonnais), mort à Paris. Académicien (1707).
Le premier des trois portraitistes du nom de Drevet passa successivement par l'atelier de Germain Audran à Lyon, de Gérard Audran à Paris et du peintre Hyacinthe Rigaud dont il devint le graveur par excellence. Il s'inspira beaucoup de la manière de Gérard Edelinck et fit passer le grand style du portrait du XVIle siècle dans l'art du XVIIIe. Ses planches (118 environ) sont peu nombreuses, mais il a su unir dans ses travaux les qualités d'un dessin savant et précis, à celles d'un burin aussi ferme qu'harmonieux. Jamais, disent ses biographes, il ne compta ni son temps ni sa peine. Graveur du roi dès 1696, il semble avoir vécu dans la retraite, uniquement préoccupé de son art et de son fils.


Louis-Auguste. Du duc Maine.
Ludovicus Augustus… Dombarum princeps…
F. de Troy pinx.  P. Drevet sculp. 1703
H. 0,285 x L. 0,207  
2e état.  Firmin-Didot, n° 60.

Marie Serre.
Maria Serre, mater Hyacinthi Rigaud...
 Drevet sculpsit, rue du Foin-devant-les-Mathurins  (1702 ou 1706).
H. 0,446 x L. 0,348.   
2e état.   Firmin-Didot, n° 110.

Ce portrait offre l'intérêt de souligner la ressemblance du duc du Maine avec Louis XIV jeune.
Quand François de Troy l'exécuta, il partageait, avec H. Rigaud, l'honneur de peindre le monde de la Cour. L'original ou une copie de ce portrait a passé en vente à Paris, en 1924, sous cette rubrique : « École du Nord. Souverain ». Il existe au musée de Dresde un admirable portrait du duc du Maine par Fr. de Troy, mais cette peinture serait datée de 1716, et ne peut donc pas être celle que Drevet a gravée en 1703.
L'épreuve de la gravure de Pierre Drevet, conservée au Cabinet des estampes, porte cette indication manuscrite: «On prétend que M. le Duc d'Orléans a fait casser la planche, parce qu'il avait la couronne fermée. » Le duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan, avait pourtant droit à « la couronne fermée » en sa qualité de souverain de la petite principauté de Dombes que lui avait cédée la Grande Mademoiselle pour obtenir du roi la permission d'épouser Lauzun.
L'œuvre de Pierre Drevet comprend deux autres portraits du duc du Maine, également gravés d'après Fr. de Troy, l'un en 1706, l'autre à une date inconnue.

Cette gravure est d'autant plus précieuse que l'original est égaré. Hyacinthe Rigaud peignit le portrait de sa mère, Marie Serre (Vve de Mathias Rigau y Ros), au cours de son voyage à Perpignan, sa ville natale, en 1695. On raconte que les amis et voisins avaient conseillé à Mme Rigaud de quitter, à cette occasion, ses habits de paysanne, et que le peintre protesta par ce cri du cœur : « Qu'on ne me change pas ma mère!» Le portrait fut emporté à Paris, servit de modèle pour le buste sculpté par Coysevox, puis fut rapporté, on ne sait à quelle date, à Perpignan, où on le signalait encore en 1840.
L'amour filial inspira la peinture ; la reconnaissance présida à la gravure: Pierre Drevet devait, en effet, ses premiers succès à des planches d'après Rigaud.
Le 1er état de l'estampe est caractérisé par l'inscription sur le socle des mots: Hyacinth. Rigaud pinx. Dans le second, ces mots sont effacés ou plutôt sont devenus illisibles.

 

 

 


Boileau.
 Nicolaus Boileau Despréaux.
 Hyacint. Rigaud pinxit. Petr. Drevet sculpsit. 1706.
 H. 0,381 x L. 0,299.   
3e état.    Firmin-Didot, n° 24.

Jacques III, prince de Galles.
Princeps Wallitoe.
N. de Lagillierre pinx.   P. Drevet sc. (1705 ?).
H. 0,483 x L. 0,366.   
2e état.   Firmin-Didot, n° 13.

Pierre Drevet a gravé trois portraits de Boileau, d'après les peintres R. de Piles, Fr. de Troy et H. Rigaud.
A juger du peintre par le graveur, Rigaud seul a bien su traduire la franchise de la physionomie du satiriste, l'éclat de son regard, et faire comprendre quelle indignation soulevait dans cette « âme vertueuse » une méchante action ou un mauvais vers.
Le portrait de Boileau fut commandé à Rigaud par un contrôleur général à la grande Chancellerie qui le fit ensuite graver à ses frais, et en distribua, dit-on, les épreuves à toute « personne de distinction » qui lui exprima le désir de posséder cette estampe.
La peinture originale date de 1704. Elle est aujourd'hui en Angleterre (Galerie de Dulwich).

N. de Largillierre, qui aimait mieux peindre les bourgeois que les grands seigneurs parce qu'ils payaient mieux, semble pourtant avoir été le peintre attitré de la petite Cour de Jacques II à Saint-Germain. Le prince de Galles, dit plus tard Jacques III ou l' «ancien prétendant», n'a jamais régné. Il passa sa vie en tentatives infructueuses pour recouvrer la couronne d'Angleterre.
L'original, peint vers 1695, paraît être la toile de la National Gallery où le jeune prince est figuré à côté de sa sœur tout enfant.

 


La Duchesse de Nemours.

Marie, par la Grâce de Dieu, Souveraine de Neufchâtel,
Duchesse de Nemours...

Hyacint. Rigaud pinxit.     Pet. Drevet sculpsit. 1707. 
 H. 0,411 x L. 0,335.    
Seul état connu.    Firmin-Didot, n° 115.

Ge portrait de vieille femme est le chef-d’œuvre de Pierre Drevet. La planche faisait encore partie, en 1876, du fonds de l'éditeur Bernard puis serait chez M. Alvin Baumont.
L'original qui orne le château de Dampierre, fut peint en 1705.
Marie d'Orléans-Longueville, duchesse de Nemours, avait alors près de 72 ans. Mais «sous les habits les plus pauvres et les plus négligés, et malgré l'âge, elle garda toujours, dit Saint-Simon, un grand air incomparable.»
Mariée en 1657 à Henri de Savoie-Nemours, ancien archevêque de Reims, elle fut bientôt veuve et passa le reste de sa longue vie à défendre sa grande fortune.
Un jour, cette princesse en se confessant, déclara qu'elle avait trois ennemis mortels: le roi de France, le roi de Prusse et le duc de Savoie. L'assertion était exacte, mais le prêtre qui ignorait le nom de sa pénitente, se crut en présence d'une folle.


Robert de Cotte

Robert de Cotte.
Peint par Hyacinthe Rigaud, gravé par Pet.
Drevet pour l'Académie (I722).
 H. 0,389 x L. 0,299.
2e état.   Firmin-Didot, n° 34.

P. Drevet grava ce portrait dont l'original est au Louvre (Catalogue Brière,
n° 790) comme morceau de réception à l’Académie. Il fut commencé en 1709 et terminé en 1722. La planche dépassait les dimensions ordinaires; le fait, comme on le voit par les procès-verbaux des séances, souleva des réclamations de diverses sortes. Ce cuivre est aujourd'hui à la Chalcographie du Louvre.
Robert de Cotte (1657-1735) fut le véritable successeur de Hardouin Mansart, comme intendant des Bâtiments, Jardins et Manufactures. De 1707 à 1725, il fut l'architecte du roi de France, on pourrait dire de l'Europe, car toutes les cours lui firent demander des projets ou des avis.

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