COPIA   Jacques Louis
(1764-1799)

Né en 1764, à Landau, Copia vint de bonne heure travailler à Paris. Ses premières gravures, vignettes, portraits ou pièces de genre, sont d'assez médiocres choses, et leur sécheresse de facture ne laisse guère présager la qualité tout opposée des oeuvres qui vont suivre. Sa métamorphose, comme aussi sa gloire, c'est à Prud'hon que Copia la doit. Nouvellement arrivé à Paris à son retour d'Italie (1789), sans relations, sans appuis, Prud'hon rencontra Copia et se lia d'amitié avec lui. Le graveur interpréta trois dessins commandés à Prud'hon par un amateur et exposés au Salon de 1793: la Vengeance de Cérès, le Cruel rit des pleurs qu'il fait verser, l'Amour réduit à la raison, gracieuses illustrations de l'anthologie dont le sentiment comme l'exécution étaient alors aussi inattendus, aussi nouveaux pour le public que personnels à l'artiste, et il s'assimila si intimement la manière du dessinateur, il adapta si parfaitement le procédé moelleux et enveloppé de la gravure au pointillé à ses crayonnages, que les noms des deux artistes sont devenus inséparables. Aussi bien doit-on croire que Copia travailla sous les yeux de Prud'hon, peut-être même, car Prud'hon, lui aussi, a manié la pointe, avec sa collaboration.
Outre les admirables planches pour Daphnis et Chloé et pour la Nouvelle Héloïse, aussi d'après Prud'hon, outre des vignettes révolutionnaires d'après le même maître, Copia peut encore se réclamer d'estampes allégoriques de la Révolution, d'après Sicardi, Boilly (le Porte-drapeau de la fête civique) et d'un Marat assassiné d'après David.
Il mourut prématurément, le 30 ventôse an VII (20 mars 1799), sans avoir pu connaître la consécration de son ami, mais laissant un élève, Roger, qui hérita de sa manière et de son culte pour l'auteur de Psyché enlevée par les Amours.


Marie-Antoinette.
Voici le temple auguste où le Génie appelle
Tous ceux qu'il inspira de son soufle divin;
Mais c'est de la faveur d'une Reine immortelle
Que dépend leur bonheur et leur brillant destin.

Piauger in. Copia sculp.
H. 0,045 x L. 0,075

Copia est par excellence le graveur de Prud'hon et passe pour avoir été formé par ce peintre. Ce petit portrait de Marie-Antoinette, qui fut gravé avant leur rencontre, prouve que déjà Copia savait assez bien son métier. Quant à l'auteur de l'original, c'est presque un inconnu.


 

 

 

  Le Cruel rit des pleurs qu'il fait verser.

Gravé au pointillé par
Jacques-Louis COPIA.  
H. 0,246 x L. 0,320 (sans le trait d'encadrement).
J. Guiffrey, nos 19 et 24.

 

 

 

 

 

  L'Amour réduit à la raison.

Gravé au pointillé par
Jacques-Louis COPIA.  
H. 0,246 x L. 0,320 (sans le trait d'encadrement).
J. Guiffrey, nos 19 et 24.

 

 

Dans un esprit entièrement différent de celui de Boilly, et même de celui de toute son époque, c'est certainement le plus beau titre de gloire de la gravure au pointillé que d'avoir contribué à faire connaître l'œuvre de Prud'hon, aux temps difficiles de ses débuts, dans les années qui suivirent son arrivée à Paris en 1789. .
Ce procédé correspondait si exactement à la technique même des dessins de Prud'hon, au modelé délicat et fondu de son crayon, qu'il semble avoir été inventé pour les traduire; aussi les trop rares estampes gravées d'après ses premières recherches, à la fin du XVlIIe siècle, au moment où le classique burin de Bervic et de ses élèves se met au service de la peinture d'histoire revivifiée, méritent-elles d'être représentées ici.
A défaut des admirables illustrations pour la Nouvelle Héloïse, qui trouveront leur place dans un autre volume, voici deux gravures de celui qui fut, avec son élève B. Roger, le meilleur graveur de Prud'hon, et le plus scrupuleusement fidèle, en même temps qu'un ami très cher et trop tôt disparu: Jacques-Louis Copia, mort en 1799, à l'âge de trente-cinq ans.
Le Moniteur du 9 nivôse an II (29 décembre 1793) annonçait en ces termes l’Amour réduit à la raison : « Estampe ingénieuse où l'on reconnaît le moelleux et la grâce du burin de Copia; les étoffes, les chairs et les ornements, tout a sa touche particulière et pour ainsi dire sa couleur... Peut-être y a-t-il dans la figure de Vénus un peu trop d'air français; mais plus d'une divinité grecque n'aurait pas perdu au change en prenant cet air-là ».
Ces éloges n'ont rien d'exagéré; le pointillé triomphe dans ces deux estampes et rend merveilleusement le faire si suave, si voluptueux et en même temps si pur du grand dessinateur. En présence d'une identification aussi complète du traducteur avec l'auteur de l'œuvre originale, et si l'on se souvient, d'une part, que Prud'hon eut quelque temps le même atelier que Copia, de l'autre, que l'on connaît certaines indications données par le peintre à ses graveurs, il est permis d'admettre, avec Portalis et Beraldi, que Prud'hon a pu retoucher ces planches.

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