NOTES  BIOGRAPHIQUES
SUR  LES GRAVEURS
DU  XVIIIe  SIECLE.


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ALIAMET  Jacques
ALIX Pierre Michel
AUBERT Michel
AUDRAN  Benoît II
AUDRAN  Jean
AVELINE  Pierre Alexandre
AVRIL Jean-Jacques
BALECHOU Jean-Joseph
BAQUOY  Jean Charles
BEAUVARLET  Jacques Firmin
BERVIC Jean Guillaume
BLOT  Maurice
BOISSIEU Jean-Jacques
BONNET Louis Marin
BONNEVILLE  François (De)
BOUCHER François
CARMONTELLE  Louis Garrogis (De)
CARS  Laurent
CATHELIN  Louis Jean-Jacques
CAYLUS  (Le Comte De)
CAZENAVE
CHAPONNIER Alexandre
CHAPONNIER François Philippe
CHEREAU François
CHEREAU  Jacques
CHOFFARD  Pierre Philippe
CHRÉTIEN  Gilles Louis
COCHIN  Charles Nicolas (Le Fils)
COCHIN  Charles Nicolas (Le Père)
COPIA Jacques Louis
COURTOIS  Pierre François
CREPY  Louis
DAGOTY  Jean-Baptiste André Gauthier
DARCIS  Louis
DAUDET  Robert
DAULLE Jean
DEBUCOURT  Philibert Louis
DEMARTEAU  Gilles
DENON (Le baron vivant)
DEQUEVAUVILLER  François

DESCOURTIS  Charles Melchior
DESPLACES  Louis Philippe
DREVET  Claude
DREVET  Pierre
DREVET  Pierre Imbert
DUCLOS  Antoine Jean
DUNKER Balthazar Antoine
DURET Pierre Jean
FESSARD Etienne
FICQUET  Étienne
FIESINGER  Jean Gabriel
FILLOEUL Pierre
FLIPART Jean Jacques
FRANÇOIS  Jean Charles
GAILLARD  René
GAUCHER  Charles Étienne
GILLOT  Claude
GRATELOUP Jean Baptiste (De)
GUYOT  Laurent
HELMAN Isidore Stanislas
HUQUIER Gabriel
INGOUF  François Robert (Le Jeune)
JACOB Louis
JANINET Jean François
JOULLAIN François
LA LIVE DE JULLY Ange Laurent (De)
LARMESSIN  (Nicolas III, De)
LAUNAY  Nicolas Delaunay, ou (De)
LE BAS  Jacques Philippe
LE BEAU  Pierre Adrien
LE BLON  Jean Christophe
LE CHAMPION I. A.
LE COEUR  Louis
LE MIRE  Noël
LE PRINCE  Jean Batiste
LE VASSEUR  Jean Charles
LE VEAU  Jean Jacques André
LEGOUAZ Yves Marie
LEMPEREUR  Louis Simon
LÉPICIÉ  Bernard

LIÉNARD  Jean Baptiste
LIGNEE  Charles Louis
LIOTARD  Jean-Michel
LONGUEIL  Joseph (De)
MALBESTE  Georges
MALEUVRE  Jean Pierre
MARCENAY  (De GHUY Antoine De)
MARTIN ( Le Fils)  Jean Baptiste II
MARTINI  Pierre Antoine
MASSARD  Jean
MOREAU  Jean Michel (Le Jeune)
MOYREAU  Jean
NÉE  François Denis
OUDRY  Jean Baptiste
PATAS  Jean Baptiste
PONCE  Nicolas
PRÉVOST  Benoît Louis
QUENEDEY  Edme
RAVENET  Simon François (Le Père)
REGNAULT  Nicolas-François
RIGAUD  Jacques
ROMANET  Antoine Louis
SAINT-AUBIN  Augustin (De)
SAINT AUGUSTIN  Gabriel (de)
SAINT-NON  Jean Claude Richard, Abbé (De)
SARRABAT  Isaac
SAUGRAIN  M.elle Élise
SAVART  Pierre
SCOTIN  Gérard-Jean-Baptiste II
SERGENT  Antoine François
SIMONET  Jean-Baptiste
SURUGUE  Louis (Le Père)
TARDIEU  Nicolas Henri
TARDIEU  Pierre Alexandre
THOMASSIN Henri Simon
VOYEZ  Nicolas Le Jeune
VOYSARD  Étienne Claude
WATELET  Claude Henri
WEISBRODT  Charles
WILLE  Jean Georges


La gravure de portraits et de paysages
EN FRANCE AU XVIIIe siècle

Le grand public qui s'intéresse à l'histoire de l'estampe se forge quelquefois une classification un peu sommaire. Dans sa pensée, en France, le XVIIIe siècle est le règne de la gravure de genre, petit tableau de mœurs ou plaisant ou léger; l'art du portrait caractérise les temps de Louis XIII et de Louis XIV, et le goût du paysage n'apparaît qu'a l'époque romantique. Mais, a serrer la question de plus près, les curieux s'aperçoivent vite que ni la représentation de la personne humaine ni celle de la nature ne sont absentes des œuvres gravées du XVllle siècle. Au contraire, ils peuvent constater qu'elles y ont la part du lion.
Portraits et paysages comportent le trait commun d' être pris dans la réalité. Ni les uns ni les autres ne sortent tout armés, je veux dire tout entiers, du cerveau de l'artiste. Ici, comme la, secondaire est le rôle de l'imagination; il s'agit seulement de sentir, de comprendre profondément et de traduire avec la plus grande pénétration possible.
Que les peintres de portraits et de paysages soient tenus de se conformer à cette double loi, nul n'y contredit. Mais, dira-t-on, les graveurs et surtout les graveurs de traduction ont pour unique devoir de copier avec exactitude.
Non, la gravure n'est pas un simple procédé de reproduction; la gravure la gravure est un art, un art au meilleur sens du mot; la gravure jouit du privilège de se multiplier sans s'amoindrir ; de plus, c'est une langue universelle que chacun sait entendre ; c'est une tribune d'ou l'artiste a faculté de parler a tout l'univers civilisé.
Jamais ceci ne fut plus évident qu'au XVIIle siècle. Il faut se rappeler, et cette évidence, et toute la précellence de l'art de la gravure, pour comprendre le rôle de l'estampe française de cette époque, son importance et son triomphe persistant, qu'il s'agisse de jeux de l'imagination ou de représentations de la réalité.
A priori, il y a en effet, dans ce succès inouï, quelque chose de paradoxal: les graveurs originaux furent rares au XVIIle siècle; la plupart des maîtres du burin et de la pointe bornèrent leur ambition à traduire les œuvres d'autrui. Mais il y a manière de traduire. On admet que graver ses propres compositions, ce soit, d'une part, attribuer a ses impressions une valeur durable ou prouver leur profondeur et, de l'autre, faire un peu cette confession publique dont parle Pascal, étaler au grand jour sa manière de voir et de sentir, ses idées, ses préférences, ses rêves. On ne songe pas que, pour un véritable artiste, reproduire un portrait ou un paysage peint, c'est pénétrer l'âme du peintre, le comprendre et montrer qu'il a été compris. Une traduction peut enlever tout accent a l'original, mais elle peut aussi y ajouter, témoin le compliment fait par Le Brun a Gérard Audran : « Vous embellissez mes peintures » ; ce n'est pas toujours une interprétation de second degré, c'est aussi souvent une interprétation a la seconde puissance. Tel fut l'art des graveurs du XVIIle siècle.
A considérer leurs estampes sous le seul aspect de la technique, on constate que leurs efforts tendirent a la reproduction, de plus en plus fidèle, de l'éclat, du coloris et des mille nuances d'une peinture. Ce mouvement aboutira, vers l'extrême fin du règne de Louis XV, a l'adoption du système de la gravure en couleurs, lorsque cette invention qui date de la première partie du siècle, aura été perfectionnée par les découvertes successives de la « manière de crayon » (1758) et de la « manière de lavis » (1766). Mais, entre 1700 et 1750 environ, c'est uniquement par des jeux de tailles et de contre-tailles, par des mélanges de points et de traits, par des dégradations d'ombres et de lumières, que les seigneurs du cuivre prétendirent traduire tous les tons d'une palette.
Cette préoccupation de collorisme fut chez eux si vive qu'elle a influé sur l'évolution des divers genres de gravure. La réussite de la transposition était relativement plus facile en matière de portraits qu'en matière de paysages; aussi le succès fut-il la rapide et complet, ici lent et jamais tout a fait atteint. Ces deux catégories d'estampes subirent, du reste, des influences différentes qui en activèrent ou retardèrent les progrès. C'est pourquoi, malgré tous les traits communs qui permettent de les réunir en un seul ensemble, et bien que souvent le même artiste, comme par exemple Baléchou, ait également triomphé dans le paysage et dans le portrait, gravures de portraits et gravures de paysages doivent être étudiées séparément.

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